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En ce jour si chargé de mémoire pour beaucoup d’entre nous, il y a deux mots que j’ai envie de vous donner qui sont au coeur de l’Art de la Mémoire:

PLAISIR

et

ASSOCIATIONS

Ces deux mots ont été au coeur de l’émission Science Publique de  Michel Alberganti à laquelle nous avons participé le 6 novembre dernier sur le thème: Pouvons-nous maîtriser notre mémoire? Cette émission sera disponible encore en podcast une dizaine de mois.

http://www.franceculture.fr/emission-science-publique-pouvons-nous-maitriser-notre-memoire-2015-11-06

A l’occasion de l’Open de mémoire qui se déroule près de Paris les 6 et 7 novembre 2015, Science publique se penche sur les méthodes capables de renforcer notre capacité à mémoriser. Paradoxe, l’une des techniques les plus utilisées par les champions de la mémoire date… de l’antiquité. Et elle est restée largement… oubliée pendant plusieurs siècles.

Imaginez que l’on vous présente 52 cartes à jouer dans un certain ordre et que l’on vous demande de mémoriser mentalement cet ordre et de le restituer verbalement… Lorsque l’on a du mal à se souvenir d’un simple numéro de téléphone à 10 chiffres ou d’une liste de courses, l’exercice peut sembler tout bonnement inaccessible pour le cerveau humain. Erreur… Le champion allemand Simon Reinhard a ainsi mémorisé un jeu de cartes en 21 secondes et 90 centièmes…  Clemens Meyer, vainqueur des championnats du monde de mémoire en 2005 et 2006, a mémorisé 1040 chiffres en 30 minutes. L’une des épreuves consiste à mémoriser le plus grand nombre possible d’associations entre noms et visages en 15 minutes. Le record est de 164 noms…

De tels exploits de mémoire sont-ils liés à de nouvelles méthodes mnémotechniques ? Loin de là ! En fait, le paradoxe réside dans le fait que certaines techniques de mémorisation découvertes dès l’Antiquité ont été largement… oubliées au fil du temps. C’est le cas de l’une des plus performantes à laquelle les champions d’aujourd’hui font encore appel. Il s’agit de l’Art de mémoire ou méthode des loci, c’est à dire la méthode des lieux. Il en reste une trace dans le langage courant lorsque nous disons : « en premier lieu, en second lieu ». Cette technique consiste en effet à associer la liste des choses que l’on veut mémoriser à la visite d’un lieu bien connu. Le cerveau se souvient plus facilement d’un enchaînement d’images que d’une série abstraite de chiffres ou de cartes à jouer. Il suffit alors de distribuer ces chiffres ou ces cartes dans un décor déjà gravé dans notre mémoire, tel que notre appartement ou un quelconque autre lieu. Une fois chaque élément placé sur une zone particulière de ce décor, il suffit de mémoriser un parcours de visite pour les retrouver…

Aujourd’hui et demain, est organisé à Massy et Antony, près de Paris, un Open de mémoire qui se présente comme le championnat de France dans ce domaine. L’occasion de nous pencher sur de type d’épreuve et sur les méthodes utilisée par ces véritables athlètes de la mémoire que sont les compétiteurs. Un phénomène un peu à contre courant d’une époque où la mémoire vivante de notre cerveau apparaît comme de plus en plus fragilisée, souvent remplacée par celle des ordinateurs ou détruite par des maladies neurologiques comme Alzheimer.

Invité(s) :
Françoise Marie Thuillier, présidente d’Ars Memoriae
Sandrine Laurent, co-fondatrice de Time 4 School, une école pour les enfants précoces et organisatrice des compétitions scolaires, compétitrice au championnat 2015.
Bénédicte Défontaines, neurologue spécialisée en neuropsychologie (mémoire language ..), Directrice du réseau Aloïs (une consultation mémoire de ville, financée par l’Agence Régionale de Santé d’Ile-de-France)

Thème(s) : SciencesBiologieMédecinePhilosophiePhysiquePsychiatrie

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